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Le ciel du mois : Avril 2019 (Sud)

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Date
Aube
Lever
Coucher
Nuit 
1er avril
6h35
7h40
20h26
21h31
15 avril
6h07
7h15
20h44
21h52
30 avril
5h38
6h50
21h03
22h15
Comme tous les observateurs du ciel, nous savons que la principale difficulté pour apprécier une belle nuit étoilée (et tous les objets diffus qu'elle recèle) est la possibilité de nous prémunir de toutes les pollutions lumineuses produites par nos éclairages trop nombreux et trop puissants. Le but de l'ANPCEN est justement de préserver l'environnement nocturne et de réduire les nuisances lumineuses pour que nous retrouvions enfin de belles nuits noires.

Lever et coucher du Soleil

Phases de la Lune

Phase
Date
Lever
Coucher
Dernier quartier
28 mars
2h38
11h47
Nouvelle Lune
5 avril
8h01
20h39
Premier quartier
12 avril
12h19
4h00 (le 13)
Pleine Lune
19 avril
20h55
8h01 (le 20)
Dernier quartier
27 avril
3h48
12h21

Phénomènes célestes remarquables du mois (et planètes)

Nota : le mode d'observation proposé est le minimal mais il est évident qu'un équipement plus performant permet une meilleure observation (un phénomène observable à l'oeil nu sera mieux vu avec une paire de jumelles, un autre accessible aux simples jumelles sera mieux appréciable dans un petit télescope).
Date et horaire(s)
Phénomène
Description
Observation*
09/04 21h30-0h30
conjonction
Le fin croissant de Lune (19%) est assez proche (environ 7°) de Mars, bien
reconnaissable à sa couleur orangée, et de l'étoile Aldébaran du Taureau (environ
2°) de teinte analogue. A l'Ouest, les Pléïades complètent ce tableau et vers l'Est,
Bételgeuse la série orangée (avec Mars et Aldébarant).
visuelle
13/04 22h25-0h
occultations
La Lune gibbeuse (63%) traverse l'amas M44 (dit "de la crèche") en occultant
successivement plusieurs étoiles brillantes (magnitudes autour de 6).
télescope
16/04 6h30-6h45
conjonction
Si on dispose d'un horizon Est bien dégagé (seulement 2° de hauteur à 6h45, 1/2h
avant le lever du Soleil), on peut essayer de voir Vénus et Mercure se lever assez
proches (environ 4°).
visuelle
23/04 0h-6h
étoiles
filantes
C'est dans la nuit que les spécialistes prédisent le maximum de l'essaim des
Lyrides, avec peut-être une dizaine à l'heure, les conditions de visibilité n'étant
bonnes avec la grosse Lune gibbeuse (84%). Même si elles semblent provenir d'un
point situé dans la constellation de Lyre (d'où leur nom), il n'y a pas de direction
à privilégier. Pour augmenter les chances d'en voir, le mieux est de s'allonger pour
embrasser du regard la plus grande portion de ciel possible.
Comme toutes les étoiles filantes, il s'agit de petits corps (le plus souvent de la
taille d'un gravier) qui "brûlent" en pénétrant dans la haute atmosphère.
visuelle
23/04 1h30-6h30
conjonction
Jupiter se lève assez proche (environ 4°) de la grosse Lune gibbeuse (84%) qui
s'en rapproche progressivement.
visuelle
25/04 3h-6h
conjonction
Saturne se lève assez proche (environ 5°) de la Lune gibbeuse (67%) qui s'en
rapproche progressivement. La situation est analogue le lendemain matin.
visuelle
26/04 3h15-6h
conjonction
Analogue à la veille la Lune moins grosse (57%) se levant après Saturne (7°).
visuelle
Horaire(s)
Planète
Conditions d'observation
Observation*
Tout le mois, après
7h (le 1er) /
6h20 (le 30)
Mercure
Sa proximité du Soleil et sa faible luminosité rendent toujours cette planète difficile
à observer. Le 11 elle sera dans son élongation Ouest (écart au Soleil) maximum
(28°) ce qui ouvre théoriquement une période d'observation favorable à l'aube mais
brève (lever 1h avant le Soleil) et très basse sur l'horizon Est (4° le 11 à 7h).
ATTENTION AU SOLEIL !
visuelle
Tout le mois, après
6h30 (1er) / 6h(30)
Vénus
La très brillante Vénus est toujours bien visible le matin jusque tard dans les lueurs
de l'aube mais de moins en moins longtemps car elle s'approche du Soleil.
visuelle
Tout le mois, avant
1h (le 1er) /
0h30 (le 30)
Mars
Devenu beaucoup moins brillante dans le ciel (comme les étoiles brillantes) mais
toujours reconnaissable à sa couleur orangée, Mars est visible dès le début de nuit
assez haut dans le ciel vers l'Ouest.
visuelle
Tout le mois, après
2h30 (le 1er) /
0h30 (le 30)
Jupiter
Cette planète est entrée dans une période d'observation favorable, avec son
opposition le 10 juin (la Terre entre Jupiter et le Soleil). Il faut patienter pour la
laisser un peu monter dans le ciel (22° vers 7h le 1er, 5h le 30). Equipé d'une
bonne paire de jumelles ou mieux, d'une petite lunette, il est assez facile de
discerner ses 4 principaux satellites dits "galiléens" (découverts par Galilée) : Io,
Europe, Ganymède et Callisto. Leurs position varient en quelques dizaines de mn.
visuelle
Tout le mois, après
4h30(1er)/2h30(30)
Saturne
Cette planète revient dans le ciel du matin mais n'est pas encore dans une période
très favorable à son observation car ne monte pas très haut dans le ciel (guère plus
de 20° au début de l'aube le 30).
visuelle
ATTENTION AU SOLEIL: il ne faut jamais braquer un instrument optique dans la direction du Soleil, même au lever ou au coucher, car c'est très dangereux pour les yeux (risque de brûlure de la rétine, indolore car la rétine n'est pas sensible à la douleur, mais qui peut conduire à une cécité irréversible). Pour observer une éclipse, des équipement spéciaux (lunettes spéciales, filtres pour les jumelles, lunettes, télescopes, objectifs photo) sont obligatoires

Principales constellations du soir et objets remarquables

Nota : (*) le mode d'observation proposé est le minimal mais il est évident qu'un équipement plus performant permet une meilleure observation (un objet observable à l'oeil nu sera mieux vu avec une paire de jumelles, un autre accessible aux simples jumelles sera mieux appréciable dans un petit télescope).
Orion
De l'avis de nombreux astronomes, Orion est la plus belle constellation du ciel avec sa silhouette humaine facilement identifiable. Dans le ciel, ce chasseur affronte le Taureau muni d'une toison et d'une massue. Selon la légende, Diane le fit piquer par le Scorpion pour calmer ses ardeurs amoureuses (ces deux constellations, opposées sur la voûte céleste ne peuvent jamais se voir simultanément). Son amour secret avec Eos (Aurore), déesse des crépuscules, fut révélé par Apollon à leur grande honte et cela expliquerait le rougissement du ciel au crépuscule quand Orion apparaît dans le ciel d'automne. A l'inverse quand le printemps voit disparaître Orion du ciel avant le matin, Aurore pleure son amour absent et cela provoquerait l'apparition de la rosée matinale... Comme Orion est au méridien (plein sud) en milieu de nuit vers Noël, les trois étoiles qui forment sa ceinture sont parfois appelées "les rois mages". Dans son baudrier se situe la nébuleuse M42, la plus belle et le plus brillante du ciel boréal, où de nouvelles étoiles sont en train de naître.
Orion étant la constellation la plus remarquable du ciel d'hiver, on peut facilement repérer toutes ses voisines en parcourant le "Grand G de l'hiver" qui lie les étoiles les plus brillantes du ciel à cette époque : Aldébaran, Capella, Castor, Pollux, Procyon, Sirius, Rigel, Bellatrix et Betelgeuse. Voir la carte de mars. On peut remarquer les différences de nuances entre ces étoiles, certaines étant plutôt orangées (Aldébaran et Betelgeuse notamment qui sont de vieilles géantes rouges), d'autres bleutées (Sirius, Rigel et Bellatrix).
Observation aux jumelles* : M42 (nébuleuse)
Le Cocher
(Auriga)
La référence mythologique grecque de cette constellation n'est pas très claire (multiples versions) et peut-être faut-il plutôt remonter à des sources antérieures pour y voir la référence au "char" que les babyloniens plaçaient à cette endroit en nommant "cocher" son étoile principale. Aujourd'hui nommée Capella (la chèvre) elle est censée représenter la chèvre Amalthée qui servit de nourrice à Zeus. Comme la Voie Lactée traverse cette constellation, on peut y observer de nombreux objets dont les trois amas ouverts signalés ci-dessous (dans l'ordre de leur place dans le ciel, de l'extérieur vers l'intérieur).
Observation aux jumelles* : M37 (amas ouvert), M36 (amas ouvert), M38 (amas ouvert)
Les Gémeaux
(Gemini)
Inspirée par la légende des deux demi-frères Castor et Pollux, cette constellation du Zodiaque évoquent deux silhouettes humaines côte à côte. Leur nom sont maintenant utilisés pour leur deux étoiles principales figurant leurs têtes. A savoir : pour les nommer sans erreur, il suffit de se souvenir que Castor, avec un "C", est du côté de Capella (du Cocher, voir plus haut). Dans les pieds de Castor, on peut facilement situer l'amas ouvert M35 assez remarquable (analogue à ceux du Cocher).
Observation aux jumelles* : M35 (amas ouvert)
Le Grand Chien
(Canis Major)
La constellation du Chien qui accompagne le chasseur Orion contient Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel nocturne. Appelée auparavant Canicula chez les romains (Canis = chien), elle nous a donné le terme "canicule" car en cette période la plus chaude de l'été, elle leur apparaissait brièvement à l'aube. Elle est tellement brillante que les turbulences atmosphériques nous la font souvent voir comme dans un clignotement de couleurs variées. Dans la constellation voisine du Petit Chien, l'étoile principale Procyon doit son nom au fait qu'elle se lève un peu avant l'apparition du Grand Chien (Pro Cyon = avant le chien en grec). Comme la Voie Lactée longe le Grand Chien, cette région est riche en amas ouverts (M46 et M47 indiqués ci-dessous sont en fait dans la constellation de la Poupe). Au télescope on peut remarquer que M46, le plus fin des trois, contient une petite nébuleuse planétaire.
Observation aux jumelles* : M41 (amas ouvert), M46 (amas ouvert), M47 (amas ouvert)
L'Hydre
(Hydra)
Selon plusieurs légende, ce serait l'Hydre de Lerne, monstre à 9 têtes qui repoussaient quand on les coupait. Elle fut vaincue par Hercule (constellation qui apparaît un peu plus tard dans la ciel). Malgré sa grande taille, cette constellation est assez difficile à identifier dans le ciel à cause de son parcours sinueux (c'est aussi le cas du fleuve Eridan situé près d'Orion). Ses deux constellations voisines, la Coupe et le Corbeau sont beaucoup plus reconnaissables avec leurs contours caractéristiques.
Le Cancer
(Cancer)
Constellation du Zodiaque, le Cancer n'a rien de remarquable car les étoiles qui le composent sont plutôt faibles. C'est surtout l'amas M44, très étendu et perceptible à l'oeil nu, qui permet habituellement de le situer.
Observation visuelle* : M44 (amas ouvert)
Le Lion
(Leo)
C'est la constellation principale du ciel de printemps, inspirée par le Lion de Némée de la légende d'Hercule. Constellation du Zodiaque, le Lion est facilement reconnaissable à la forme de "faucille" dessinée par les étoiles de sa crinière et de son poitrail. Le ciel du printemps, qui nous éloigne de la Voie Lactée, est propice à l'observation de nombreuses galaxies (voir plus bas La Vierge). Plusieurs sont visibles juste sous le Lion et notamment le "couple" constitué par M65 et M66, faciles à situer.
Observation avec instruments (lunette/télescope) : M65-M66 (galaxies)
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La Vierge
(Virgo)
C'est l'autre grande constellation du ciel de printemps. Il ne s'agit pas de la Vierge Marie des chrétiens mais d'une déesse annonçant les moissons (parfois identifiée comme Cérès mais aussi à de nombreuses autres...). Son étoile principale est d'ailleurs nommée Spica (l'épi). Dans cette région du ciel (entre la queue du Lion, la Chevelure de Bérénice et la Vierge), les télescopes permettent d'observer de très nombreuses galaxies, de petite taille apparente étant donnée leur distance importante à nous (dans les 40-50 millions d'années-lumière environ). C'est le fameux "amas de la Vierge", un très large amas de galaxies (plusieurs centaines dans une zone d'environ 7 millions années-lumière) qui se fonde à grande échelle dans le "super-amas" de la Vierge (plusieurs milliers de galaxies dans un rayon de plus de 100 millions d'années-lumière), dont feraient partie également la nôtre (la Voie Lactée) et ses voisines du groupe local (dont M31 et M33).
Observation avec instruments (lunette/télescope) : amas de la Vierge (galaxies)
La Chevelure de
Bérénice
(Coma Berenices)
Selon la légende c'est la longue chevelure que la princesse Bérénice a sacrifiée pour obtenir la victoire de son époux (et son frère) parti à la guerre. Comme pour le Cancer, les étoiles de cette constellation ne sont pas très lumineuses et son identification n'est pas aisée. Dans cette région du ciel plutôt propice à l'observation de galaxies, on peut y voir un bel amas globulaire, c'est à dire un groupe d'étoiles situé hors de notre galaxie (la Voie Lactée) mais très proche d'elle.
Observation visuelle* : M53 (amas globulaire)

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Le Bouvier
(Bootes)
La référence mythologique de cette constellation est relativement imprécise, soit le surveillant de l'Ourse, soit le guide du "chariot" que les romains voyaient à l'emplacement de la Grande Ourse. Elle est assez facile à reconnaître avec sa forme pointue évoquant un cornet de glace ou une flûte à champagne. Sa pointe, Arcturus, est l'une des étoiles les plus brillantes du ciel : la 4ème de tout le ciel mais la seconde visible dans le ciel boréal, après Sirius (et devançant de peu Vega). En 1635, elle fut la première étoile observée en plein jour avec un télescope (par Morin, astrologue -et astronome- de Louis XIII).
Observation visuelle* : Arcturus (étoile)
La Couronne Boréale
(Corona Borealis)
Cette constellation de la Couronne, dont le qualificatif "boréal" la distingue de son homologue située plus au Sud (dite "australe"), figure bien la forme d'un diadème en demi-cercle avec en son milieu son étoile la plus brillante, Gemma (la perle). Elle est donc facilement identifiable à l'Est du Bouvier. Selon la légende, il s'agit de la couronne de la princesse Ariane (fille de Minos qui a permis à Icare de s'échapper du labyrinthe avec son fameux "fil").
La Grande Ourse
(Ursa Major)
Constellation circumpolaire (c'est à dire qui tourne autour de l'étoile polaire sans jamais disparaître sous l'horizon), elle apparaît rarement sur nos cartes orientées au sud. C'est l'une des plus grandes constellations du ciel, beaucoup plus étendue que le "chariot" (ou "casserole") à laquelle on la réduit souvent par méconnaissance. C'est l'occasion de remarquer que le Lion est juste sous ses pattes. Elle sert de repère principal dans le ciel boréal et c'est à partir d'elle que l'on situe habituellement la polaire (voir carte pour la zone nord). Un autre "alignement" remarquable : en prolongeant l'arc de sa queue (étoiles Megrez-Alioth-Mizar-Alkaïd), on trouve Arcturus puis plus loin Spica, ce qui permet de situer les constellations du Bouvier et de la Vierge. La galaxie indiquée ci-dessous se trouve en fait dans les Chiens de Chasse mais on la trouve depuis Alkaïd. Elle est double (une grosse galaxie "capturant" une plus petite) et distante d'environ 37 millions d'années-lumière.
Observation avec instruments (lunette/télescope) : M51 (galaxie)
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