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Le ciel du mois : Avril 2017 (Sud)

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Date
Aube
Lever
Coucher
Nuit 
1er avril
6h34
7h39
20h27
21h32
15 avril
6h06
7h14
20h44
21h52
30 avril
5h37
6h49
21h03
22h16
Comme tous les observateurs du ciel, nous savons que la principale difficulté pour apprécier une belle nuit étoilée (et tous les objets diffus qu'elle recèle) est la possibilité de nous prémunir de toutes les pollutions lumineuses produites par nos éclairages trop nombreux et trop puissants. Le but de l'ANPCEN est justement de préserver l'environnement nocturne et de réduire les nuisances lumineuses pour que nous retrouvions enfin de belles nuits noires.

Lever et coucher du Soleil

Phases de la Lune

Phase
Date
Lever
Coucher
Premier quartier
3 avril
12h31
3h43 (le 4)
Pleine Lune
11 avril
20h56
8h13 (le 12)
Dernier quartier
19 avril
3h12
13h00
Nouvelle Lune
26 avril
7h15
21h00
Premier quartier
3 mai
13h13
3h52 (le 4)

Phénomènes célestes remarquables du mois (et planètes)

Nota : le mode d'observation proposé est le minimal mais il est évident qu'un équipement plus performant permet une meilleure observation (un phénomène observable à l'oeil nu sera mieux vu avec une paire de jumelles, un autre accessible aux simples jumelles sera mieux appréciable dans un petit télescope).
Date et horaire(s)
Phénomène
Description
Observation*
10/04 21h-7h
conjonction
Dans le crépuscule, la grosse Lune gibbeuse, quasi-pleine (99%) se lève très
proche (environ 2°) de la très brillante Jupiter don elle s'éloigne progressivement
au fil de la nuit. Spica complète le tableau (à environ 7°).
visuelle
17/04 2h-6h30
conjonction
La Lune gibbeuse (71%) se lève proche (environ 4°) de Saturne dont elle s'éloigne
lentement jusqu'à l'aube.
visuelle
19-20/04 22h-23h
rapprochement
En soirée, on peut remarquer la proximité (moins de 4°) de Mars, reconnaissable
à sa couleur orangée, avec l'amas des Pléïades. Mars (mag 1.6) est un peu plus
brillant que les étoiles les plus lumineuses de l'amas (environ mag 3). A noter que
l'écartement est à peine plus grands 2 jours avant ou après.
visuelle
22-23/04 0h-6h
étoiles
filantes 
C'est dans cette fourchette que les spécialistes prédisent le maximum de l'essaim
des Lyrides, avec peut-être une vingtaine à l'heure, les conditions de visibilité étant
bonne avec un petit croissant de Lune se levant presque à l'aube. Même si elles
semblent provenir d'un point situé dans la constellation de Lyre (d'où leur nom),
il n'y a pas de direction à privilégier. Pour augmenter les chances d'en voir, le mieux
est de s'allonger pour embrasser du regard la plus grande portion de ciel possible.
Comme toutes les étoiles filantes, il s'agit de petits corps (le plus souvent de la
taille d'un gravier) qui "brûlent" en pénétrant dans la haute atmosphère.
visuelle
23/04 6h-6h30
conjonction
Le fin croissant de Lune (15%) se lève assez proche (environ 11°) de la très
brillante Vénus.
visuelle
28/04 21h17-6h30
occultation
rapprochement
Dans les lueurs du crépuscule, Aldébaran, l'étoile la plus brillante du Taureau,
émerge du fin croissant de Lune (8%), ce qui donne ensuite un rapprochement très
serré jusqu'à leur coucher (1°). Attention : l'horaire d'émergence dépend du lieu.
visuelle
Horaire(s)
Planète
Conditions d'observation
Observation*
Avant le 10/04,
avant 22h.
Mercure
Sa proximité du Soleil et sa faible luminosité rendent toujours cette planète difficile
à observer. Le 1er elle sera dans son élongation Est (écart au Soleil) maximum
(19°) ce qui ouvre une période d'osbervation favorable dans le crépuscule.
ATTENTION AU SOLEIL !
visuelle
Tout le mois, après
7h (1er) / 5h30 (30)
Vénus
La très brillante Vénus nous revient progressivement dans le ciel du matin. Mais
encore très fugitivement car se levant trsè peu de temps avant le Soleil.
non
Tout le mois
avant 23h30
Mars
Comme nous nous en sommes beaucoup éloignés, elle devient très discrète dans
le ciel (mag 1.6, soit comme les étoiles brillantes de la Grande Ourse) mais bien
reconnaissable à sa couleur orangée. Elle redeviendra plus spectaculaire au
printemps prochain en s'approchant de l'opposition de l'été 2018.
visuelle
Tout le mois
Jupiter
Cette planète est entrée dans une période d'observation favorable, avec son opposi-
tion le 7 (la Terre entre Jupiter et le Soleil). En début de mois, il faut patienter pour
la laisser un peu monter dans le ciel (30° vers 0h15 le 1er) mais en fin de mois,
elle sera déjà assez haute en début de nuit (30° à 22h le 30). Equipé d'une bonne
paire de jumelles ou mieux, d'une petite lunette, il est assez facile de discerner ses
4 incipaux satellites dits "galiléens" (découverts par Galilée) : Io, Europe,
Ganymède et Callisto. Leurs position varient en quelques dizaines de minutes.
visuelle
Tout le mois, après
3h (1er) / 1h (30)
Saturne
Cette planète revient dans le ciel du matin mais n'est pas encore dans une période
très favorable à son observation car ne monte pas très haut dans le ciel (guère plus
de 20° 1/2h avant le lever du Soleil).
visuelle
Tout le mois,
plutôt en milieu
(début de mois)
ou fin de nuit
(fin de mois)
Comète
41P
On attendait l'arrivée de cette comète périodique (5,4 ans) dans notre ciel en mars.
Elle n'atteindra pas en principe une luminosité suffisante pour devenir visible à l'oeil
nu sauf si, comme en 1973, elle nous fait un brusque sursaut d'activité. Elle est
facilement perceptible aux jumelles avec un magnitude de l'ordre de 6.5-7. Elle
sera la plus brillante entre le 4 et le 15, passant au plus près de la Terre le 5 (à
environ 22 millions de km) et du Soleil le 12 (à 1 UA). Pour la situer dans le ciel
jour après jours, nous vous proposons ces cartes : carte générale (tout le mois),
carte détaillée du 1 au 10, du 11 au 20, du 21 au 30. Attention : le fond de ciel des
cartes correspond au 20 mars à 22h (heure d'hiver).
jumelles
2ème quinzaine,
plutôt en début
de nuit
lumière
zodiacale
Si on dispose d'un horizon Est-Sud/Sud préservé de toute pollution lumineuse, on
peut essayer d'apercevoir ce faible halo qui se dresse du Lion vers le Cancer. Il
s'agit de la lumière solaire réfléchie par les gaz/poussières situées dans le plan
du système solaire, donc dans la région de l'écliptique
visuelle
ATTENTION AU SOLEIL: il ne faut jamais braquer un instrument optique dans la direction du Soleil, même au lever ou au coucher, car c'est très dangereux pour les yeux (risque de brûlure de la rétine, indolore car la rétine n'est pas sensible à la douleur, mais qui peut conduire à une cécité irréversible). Pour observer une éclipse, des équipement spéciaux (lunettes spéciales, filtres pour les jumelles, lunettes, télescopes, objectifs photo) sont obligatoires

Principales constellations du soir et objets remarquables

Nota : (*) le mode d'observation proposé est le minimal mais il est évident qu'un équipement plus performant permet une meilleure observation (un objet observable à l'oeil nu sera mieux vu avec une paire de jumelles, un autre accessible aux simples jumelles sera mieux appréciable dans un petit télescope).
Orion
De l'avis de nombreux astronomes, Orion est la plus belle constellation du ciel avec sa silhouette humaine facilement identifiable. Dans le ciel, ce chasseur affronte le Taureau muni d'une toison et d'une massue. Selon la légende, Diane le fit piquer par le Scorpion pour calmer ses ardeurs amoureuses (ces deux constellations, opposées sur la voûte céleste ne peuvent jamais se voir simultanément). Son amour secret avec Eos (Aurore), déesse des crépuscules, fut révélé par Apollon à leur grande honte et cela expliquerait le rougissement du ciel au crépuscule quand Orion apparaît dans le ciel d'automne. A l'inverse quand le printemps voit disparaître Orion du ciel avant le matin, Aurore pleure son amour absent et cela provoquerait l'apparition de la rosée matinale... Comme Orion est au méridien (plein sud) en milieu de nuit vers Noël, les trois étoiles qui forment sa ceinture sont parfois appelées "les rois mages". Dans son baudrier se situe la nébuleuse M42, la plus belle et le plus brillante du ciel boréal, où de nouvelles étoiles sont en train de naître.
Orion étant la constellation la plus remarquable du ciel d'hiver, on peut facilement repérer toutes ses voisines en parcourant le "Grand G de l'hiver" qui lie les étoiles les plus brillantes du ciel à cette époque : Aldébaran, Capella, Castor, Pollux, Procyon, Sirius, Rigel, Bellatrix et Betelgeuse. Voir la carte de mars. On peut remarquer les différences de nuances entre ces étoiles, certaines étant plutôt orangées (Aldébaran et Betelgeuse notamment qui sont de vieilles géantes rouges), d'autres bleutées (Sirius, Rigel et Bellatrix).
Observation aux jumelles* : M42 (nébuleuse)
Le Cocher
(Auriga)
La référence mythologique grecque de cette constellation n'est pas très claire (multiples versions) et peut-être faut-il plutôt remonter à des sources antérieures pour y voir la référence au "char" que les babyloniens plaçaient à cette endroit en nommant "cocher" son étoile principale. Aujourd'hui nommée Capella (la chèvre) elle est censée représenter la chèvre Amalthée qui servit de nourrice à Zeus. Comme la Voie Lactée traverse cette constellation, on peut y observer de nombreux objets dont les trois amas ouverts signalés ci-dessous (dans l'ordre de leur place dans le ciel, de l'extérieur vers l'intérieur).
Observation aux jumelles* : M37 (amas ouvert), M36 (amas ouvert), M38 (amas ouvert)
Les Gémeaux
(Gemini)
Inspirée par la légende des deux demi-frères Castor et Pollux, cette constellation du Zodiaque évoquent deux silhouettes humaines côte à côte. Leur nom sont maintenant utilisés pour leur deux étoiles principales figurant leurs têtes. A savoir : pour les nommer sans erreur, il suffit de se souvenir que Castor, avec un "C", est du côté de Capella (du Cocher, voir plus haut). Dans les pieds de Castor, on peut facilement situer l'amas ouvert M35 assez remarquable (analogue à ceux du Cocher).
Observation aux jumelles* : M35 (amas ouvert)
Le Grand Chien
(Canis Major)
La constellation du Chien qui accompagne le chasseur Orion contient Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel nocturne. Appelée auparavant Canicula chez les romains (Canis = chien), elle nous a donné le terme "canicule" car en cette période la plus chaude de l'été, elle leur apparaissait brièvement à l'aube. Elle est tellement brillante que les turbulences atmosphériques nous la font souvent voir comme dans un clignotement de couleurs variées. Dans la constellation voisine du Petit Chien, l'étoile principale Procyon doit son nom au fait qu'elle se lève un peu avant l'apparition du Grand Chien (Pro Cyon = avant le chien en grec). Comme la Voie Lactée longe le Grand Chien, cette région est riche en amas ouverts (M46 et M47 indiqués ci-dessous sont en fait dans la constellation de la Poupe). Au télescope on peut remarquer que M46, le plus fin des trois, contient une petite nébuleuse planétaire.
Observation aux jumelles* : M41 (amas ouvert), M46 (amas ouvert), M47 (amas ouvert)
L'Hydre
(Hydra)
Selon plusieurs légende, ce serait l'Hydre de Lerne, monstre à 9 têtes qui repoussaient quand on les coupait. Elle fut vaincue par Hercule (constellation qui apparaît un peu plus tard dans la ciel). Malgré sa grande taille, cette constellation est assez difficile à identifier dans le ciel à cause de son parcours sinueux (c'est aussi le cas du fleuve Eridan situé près d'Orion). Ses deux constellations voisines, la Coupe et le Corbeau sont beaucoup plus reconnaissables avec leurs contours caractéristiques.
Le Cancer
(Cancer)
Constellation du Zodiaque, le Cancer n'a rien de remarquable car les étoiles qui le composent sont plutôt faibles. C'est surtout l'amas M44, très étendu et perceptible à l'oeil nu, qui permet habituellement de le situer.
Observation visuelle* : M44 (amas ouvert)
Le Lion
(Leo)
C'est la constellation principale du ciel de printemps, inspirée par le Lion de Némée de la légende d'Hercule. Constellation du Zodiaque, le Lion est facilement reconnaissable à la forme de "faucille" dessinée par les étoiles de sa crinière et de son poitrail. Le ciel du printemps, qui nous éloigne de la Voie Lactée, est propice à l'observation de nombreuses galaxies (voir plus bas La Vierge). Plusieurs sont visibles juste sous le Lion et notamment le "couple" constitué par M65 et M66, faciles à situer.
Observation avec instruments (lunette/télescope) : M65-M66 (galaxies)
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La Vierge
(Virgo)
C'est l'autre grande constellation du ciel de printemps. Il ne s'agit pas de la Vierge Marie des chrétiens mais d'une déesse annonçant les moissons (parfois identifiée comme Cérès mais aussi à de nombreuses autres...). Son étoile principale est d'ailleurs nommée Spica (l'épi). Dans cette région du ciel (entre la queue du Lion, la Chevelure de Bérénice et la Vierge), les télescopes permettent d'observer de très nombreuses galaxies, de petite taille apparente étant donnée leur distance importante à nous (dans les 40-50 millions d'années-lumière environ). C'est le fameux "amas de la Vierge", un très large amas de galaxies (plusieurs centaines dans une zone d'environ 7 millions années-lumière) qui se fonde à grande échelle dans le "super-amas" de la Vierge (plusieurs milliers de galaxies dans un rayon de plus de 100 millions d'années-lumière), dont feraient partie également la nôtre (la Voie Lactée) et ses voisines du groupe local (dont M31 et M33).
Actuellement, cette constellation est visitée par la très brillante Jupiter, l'objet le plus brillant des nuits de ce printemps.
Observation avec instruments (lunette/télescope) : amas de la Vierge (galaxies)
La Chevelure de
Bérénice
(Coma Berenices)
Selon la légende c'est la longue chevelure que la princesse Bérénice a sacrifiée pour obtenir la victoire de son époux (et son frère) parti à la guerre. Comme pour le Cancer, les étoiles de cette constellation ne sont pas très lumineuses et son identification n'est pas aisée. Dans cette région du ciel plutôt propice à l'observation de galaxies, on peut y voir un bel amas globulaire, c'est à dire un groupe d'étoiles situé hors de notre galaxie (la Voie Lactée) mais très proche d'elle.
Observation visuelle* : M53 (amas globulaire)

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Le Bouvier
(Bootes)
La référence mythologique de cette constellation est relativement imprécise, soit le surveillant de l'Ourse, soit le guide du "chariot" que les romains voyaient à l'emplacement de la Grande Ourse. Elle est assez facile à reconnaître avec sa forme pointue évoquant un cornet de glace ou une flûte à champagne. Sa pointe, Arcturus, est l'une des étoiles les plus brillantes du ciel : la 4ème de tout le ciel mais la seconde visible dans le ciel boréal, après Sirius (et devançant de peu Vega). En 1635, elle fut la première étoile observée en plein jour avec un télescope (par Morin, astrologue -et astronome- de Louis XIII).
Observation visuelle* : Arcturus (étoile)
La Couronne Boréale
(Corona Borealis)
Cette constellation de la Couronne, dont le qualificatif "boréal" la distingue de son homologue située plus au Sud (dite "australe"), figure bien la forme d'un diadème en demi-cercle avec en son milieu son étoile la plus brillante, Gemma (la perle). Elle est donc facilement identifiable à l'Est du Bouvier. Selon la légende, il s'agit de la couronne de la princesse Ariane (fille de Minos qui a permis à Icare de s'échapper du labyrinthe avec son fameux "fil").
La Grande Ourse
(Ursa Major)
Constellation circumpolaire (c'est à dire qui tourne autour de l'étoile polaire sans jamais disparaître sous l'horizon), elle apparaît rarement sur nos cartes orientées au sud. C'est l'une des plus grandes constellations du ciel, beaucoup plus étendue que le "chariot" (ou "casserole") à laquelle on la réduit souvent par méconnaissance. C'est l'occasion de remarquer que le Lion est juste sous ses pattes. Elle sert de repère principal dans le ciel boréal et c'est à partir d'elle que l'on situe habituellement la polaire (voir carte pour la zone nord). Un autre "alignement" remarquable : en prolongeant l'arc de sa queue (étoiles Megrez-Alioth-Mizar-Alkaïd), on trouve Arcturus puis plus loin Spica, ce qui permet de situer les constellations du Bouvier et de la Vierge. La galaxie indiquée ci-dessous se trouve en fait dans les Chiens de Chasse mais on la trouve depuis Alkaïd. Elle est double (une grosse galaxie "capturant" une plus petite) et distante d'environ 37 millions d'années-lumière.
Observation avec instruments (lunette/télescope) : M51 (galaxie)
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